Types de travaux
Les différents types de travaux
La rédaction de votre travail d’analyse et de synthèse s’amorce, mais avant, nous décrivons les trois types de travaux qui peuvent être réalisés : l’essai, la dissertation et le travail de recherche.
Le type de travail que vous voulez réaliser influencera les informations que vous retiendrez de vos différentes lectures et phases de votre projet d’intégration (entrevues, etc.). Par exemple, les notes critiques sont adaptées à un essai, alors que les résumés sont plus utiles pour la réalisation d’une recension des écrits. Il est donc important de saisir les nuances qui existent entre ces différents types de travaux avant de commencer à lire, à prendre des notes et à les organiser.
Voici une présentation sommaire des trois types de travaux ainsi que les notions nécessaires pour bien comprendre la spécificité de chacun, à travers différents auteurs.
1. L’essai
Le premier type de travail que vous pouvez rédiger est l’essai. Il consiste à produire une opinion documentée. Il s’agit d’une « texte suivi, de forme libre, au caractère provisoire où l’on exerce sa créativité entendue principalement comme capacité de réaliser une synthèse personnelle laissant voir une vision originale sur un sujet » (Goulet & Lépine, 1987, p. 103). L’essai permet donc « d’exprimer ses idées et ses opinions de façon subjective mais cohérente et organisée » (Infosphère UQAM, s. d.). L’essai vise donc à exprimer une opinion, plutôt qu’à couvrir toutes les facettes d’un enjeu; toutefois, cette opinion doit être soutenue par des faits. Ainsi, selon Goulet et Lépine (1987, p. 103), on peut :
- observer, analyser, expliquer, et juger la réalité;
- nourrir sa réflexion d’éléments d’actualité;
- trouver de nouvelles perspectives ou façons de voir la réalité.
Le plus important dans l’essai, c’est la cohérence et l’organisation de votre pensée. Votre contribution originale réside dans la manière dont vous reliez les éléments de la réalité que vous avez observés ou découverts par votre revue documentaire. La validité et la qualité de l’essai reposent sur la rigueur du raisonnement et dans la solidité des faits et des théories sur lesquels sont fondées vos idées. Comme nous le verrons dans un instant, l’essai est plus souple que la dissertation, car on n’a pas à prouver la faiblesse des opinions contraires.
Voici un exemple d’organisation typique d’un essai :
- Énoncez et justifiez la problématique : Pourquoi est-il important de soulever cette question à ce moment?
- Rappelez les faits pertinents : Que dit la documentation sur ce problème? Qu’avez-vous observé par ailleurs?
- Formulez votre propre proposition de la manière dont ces éléments de connaissance sont reliés : Comment proposez-vous de les recombiner?
- Appuyez cette proposition par un raisonnement logique, sur des faits ou sur des théories : Pourquoi est-il plausible que les éléments de connaissance soient reliés entre eux de la manière dont vous le proposez?
- Faites des liens avec ce qui est dit dans la littérature : Votre proposition contredit-elle certains chercheurs ou suggère-t-elle de penser au problème autrement?
- Indiquez les limites de votre proposition : Y a-t-il des situations où votre proposition ne s’applique pas?
- Soulevez de nouvelles questions ou implication : Si le lecteur accepte votre proposition, doit-il faire les choses autrement, changer son opinion sur certains sujets ou se poser de nouvelles questions?
2. La dissertation
Le deuxième type de travail que vous pouvez choisir est la dissertation. Il s’agit d’un « exercice scolaire portant sur une question littéraire, historique, philosophique, artistique ou d’actualité et consistant à écrire un texte personnel et fortement structuré où l’on expose, au moyen d’une démonstration rigoureuse, un ensemble d’arguments étayés par des preuves qui mènent à une conclusion précise, en réponse à la question initiale » (Malo, 2006, p. 86).
La dissertation implique une prise de position de l’auteur, un point de vue argumenté exposé aux idées contraires et aux objections exprimées dans la littérature qu’elle réfute. Ainsi, contrairement à l’essai, qui ne présente que votre point de vue, la dissertation consiste à confronter votre position aux arguments contraires. Dans une dissertation, vous devez donc argument, c’est-à-dire démontrer votre position de façon claire, à l’aide d’un raisonnement et de preuves, mais aussi tenir compte des autres opinions exprimées sur le sujet. Elle requiert une « fidélité aux faits, aux idées, aux preuves et une logique rigoureuse. Elle développe l’aptitude à communiquer de l’information et à structurer sa pensée tout en faisant preuve d’originalité et d’esprit de synthèse » (Goulet & Lépine, 1987, p. 81).
Votre position n’a pas forcément à être originale. Elle peut reprendre un point de vue pertinent, bien étayé ou stimulant que vous avez rencontré dans la littérature. Votre position peut aussi emprunter des éléments à plusieurs points de vue dont elle constituerait alors une combinaison originale. Encore une fois, relisez vos notes de lecture où seront colligés vos commentaires, vos réflexions, vos définitions.
Voici un exemple d’organisation typique d’une dissertation, qui suit typiquement le format « thèse, antithèse, synthèse » :
- Introduction : présenter la problématique dont vous souhaitez traiter ;
- Thèse : Présentez votre proposition et les arguments qui la soutiennent : il peut s’agir de faits ou d’opinions d’experts ou d’auteurs qui abondent dans votre sens ;
- Antithèse : Présentez les visions alternatives et les arguments qui les soutiennent : il peut s’agir de celles de certains auteurs que vous avez consultés, d’éditorialistes ou d’experts sur le sujet, de personnes que vous avez interviewées, etc.
- Synthèse : Confrontez les différents arguments et indiquez pourquoi votre position demeure valide malgré les contre-arguments de vos adversaires.
- Implications : Indiquez ce que le lecteur devrait faire autrement ou ce qu’il devrait penser maintenant que votre proposition est démontrée.
3. Le travail de recherche
Le troisième type de travail d’analyse et de synthèse est le travail de recherche. Celui-ci peut prendre plusieurs formes – dont l’article dans une revue scientifique ou le livre – mais nous nous concentrerons ici sur le rapport de recherche. Celui-ci est un « document de longueur variable dont la fonction est d’analyser une situation déterminée, d’étudier un problème, une question, puis à partir de cet examen, de formuler des propositions, un avis, des recommandations et, le cas échéant, de proposer une action, une décision » (Malo, 2006, p. 251).
Le rapport de recherche analyse la réalité étudiée et synthétise les connaissances dans le domaine, mais formule aussi des recommandations pour le bénéfice du lecteur, par exemple en suggérant des critères pour prendre une décision en lien avec le thème étudié. Ces recommandations sont clairement soutenues par le travail d’analyse et de synthèse et en découlent logiquement.
Contrairement à l’essai et à la dissertation, le rapport de recherche ne vise pas à prendre position ou à critiquer les autres options possibles, bien qu’on puisse se positionner dans la conclusion, par exemple. Il s’agit plutôt d’articuler en ses propres mots ce qui en est dit dans la littérature consultée et ce qui a été observé ou recueilli par d’autres moyens (sondage, entrevues, etc.), et de mettre en relation les différents points de vue et éléments de connaissance.
Voici un exemple d’organisation typique d’un rapport de recherche :
- Présentez le thème et le problème à traiter et leur importance ;
- Synthétisez les articles, livres et autres documents sur le sujet, en les catégorisant selon leur perspective par rapport à la problématique étudiée et en indiquant les liens entre celles-ci : par exemple, on peut les regrouper par école de pensée, selon la définition du problème qui est adoptée, selon les méthodologies utilisées pour réponse à la question, etc. et montrer si elles se complètent, se contredisent, répondent l’une à l’autre ou sont autrement liées.
- Expliquez les autres démarches que vous avez entreprises pour acquérir des connaissances et présentez le résultat de cellea-ci en lien avec l’étape précédente : par exemple, avez-vous fait des entrevues, diffusé un sondage ou mené une expérience pour vérifier une hypothèse soulevée, pour clarifier un point d’ombre ou tester un lien entre deux idées?
- Analysez les résultats obtenus à partir de ces autres démarches, en les faisant dialoguer avec la synthèse de la documentation et en lien avec votre problème. Si vous n’avez pas entrepris d’autres démarches que la synthèse de la documentation, alors soulignez les différentes implications des éléments cette synthèse pour votre problèmes.
- Dégagez des recommandations à partir de ces différentes connaissances : à la lumière de ces lectures et autres démarches, comment le lecteur devrait-il résoudre le problème présenté? Si certaines recommandations sont contradictoires, présentez-les toutes les deux en soulignant qu’il existe une divergence d’opinion sur cet enjeu particulier.