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Lecture et analyse

Maintenant que vous avez sélectionné vos documents, il s’agit maintenant de les lire et de les analyser. Afin de vous aider à bien analyser la documentation, la présente section décrit deux techniques de lecture (la lecture sélective et la lecture active), ainsi que plusieurs outils faciles à construire, soit différentes fiches de lecture. En effet, une bonne méthode de lecture et de prise de notes est essentielle pour la réalisation du projet d’intégration.

Une bonne prise de notes est le résultat d’un travail mental effectif. Dartois (1965) affirme que les étudiants universitaires acquièrent une compétence clé pour leur future vie professionnelle : la prise de note : « L’enseignement supérieur se révèle, à ce point de vue, déjà précieux pour l’existence professionnelle, car l’étudiant doit, pour la première fois, pratiquer une gymnastique de l’esprit qui consiste à prendre l’essentiel de ce que dit un orateur, alors qu’il était habitué à copier ce que lui dictait un professeur ou à apprendre dans un livre. Il va apprendre à écouter, et à comprendre en écoutant ».

La prise de note est essentielle non seulement pour décomposer un document en quelques éléments essentiels, mais il s’agit aussi d’une méthode de travail utile pour conserver des traces de ses lectures. Ainsi, déjà en 1951, le philosophe français Jean Guitton, membre de l’Académie française, regrettait de ne pas avoir pris davantage de notes lors de ses cours. Notamment, il regrettait de ne pas avoir suivi les conseils du professeur de lycée Julien Bézard à ce sujet : « Ce que Bézard enseignait, c’était à prendre des notes, à rédiger des fiches qui soient utilisables toute la vie. Si j’avais suivi ses conseils, j’aurais maintenant un trésor : aucun de mes anciens efforts n’eût été perdu » (Guitton, 1951, p. 83).

Cependant, la prise de note ne veut pas simplement dire recopier tout ce qui se trouve dans le document que l’on consulte. Les notes doivent correspondre à une signification particulière que l’on donne à l’information en question. Ainsi, lorsque l’on ne comprend pas une partie du document, il est « de beaucoup préférable de remplacer la prise de notes par des inventions d’exemples ou d’exercices au tableau noir ou sur une feuille de papier, qui permettent d’assimiler au fur et à mesure ce qu’on lit » (Dartois, 1965, p. 52).

Avant de montrer les différentes façons de prendre des notes à l’aide de fiches, il faudra bien sûr lire et lire encore : « il faut lire activement. Il faut attaquer le texte, le bombarder de questions, le souligner, se l’approprier pour utiliser son contenu au maximum » (Dionne, 1993, p. 32). Pour ce faire, nous présentons deux techniques : la lecture sélective et la lecture active.

1. La lecture sélective

Une première technique permet de s’approprier un texte pour en comprendre la structure et les principaux enjeux : la lecture sélective. Elle est utile pour « évaluer la pertinence d’un ouvrage par rapport au travail à faire, la lisibilité de son contenu et pour identifier ses parties les plus significatives » (Goulet & Lépine, 1987, p. 57). Dans le même ordre d’esprit, Dionne (1993) suggère de ne pas commencer un texte par sa première phrase, mais plutôt de faire un survol de l’ensemble du contenu en lisant :

  • la page couverture (pour le sous-titre, par exemple);
  • le dos du livre (pour la biographie de l’auteur ou un résumé de l’ouvrage);
  • le verso de la page titre (pour les informations sur la publication);
  • la table des matières (pour voir rapidement l’ensemble du contenu proposé et éviter parfois de tout lire);
  • l’introduction et la préface (pour comprendre le cheminement de l’ouvrage, le but visé, les hypothèses défendues par l’auteur);
  • la conclusion (pour avoir un aperçu de ce que l’auteur estime le plus important et les solutions proposée).

Le survol prend un certain temps, mais souvenez-vous de ce qu’il vous en fera économiser aussi. Ce serait inefficace de commencer la lecture du premier chapitre d’un ouvrage qui compte 50 pages, par exemple, pour s’apercevoir ensuite que son contenu ne correspondait pas à ce que vous cherchiez. C’est peut-être que le dernier chapitre qu’il aurait fallu lire. Ainsi, un survol vous aurait aidé à prendre la bonne décision. C’est cela, une bonne lecture sélective !

Goulet et Lépine (1987) offrent elles aussi quelques conseils qui abondent dans le même sens :

  • Repérez les balises qui ponctuent la structure du texte : les titres, les sous-titres, les mots ou expressions en caractères gras ou en italique, les graphiques qui résument des idées complexes, etc.
  • Lisez l’index pour voir à quelle page l’auteur traite du sujet qui vous intéresse, d’un auteur ou d’un lieu. L’index, s’il y en a un, se trouve généralement à la fin d’un ouvrage.
  • Prenez connaissance du premier paragraphe de chaque chapitre, parce que l’auteur y situe souvent le contenu du chapitre en lien avec les autres, et en annonce parfois la structure.

S’il y a une introduction et une conclusion pour chaque chapitre, lisez-les pour saisir les objectifs de l’auteur et les points qu’il estime avoir démontrés. Rappelez-vous que l’introduction et la conclusion ne sont pas toujours identifiées comme telles  : lisez les premiers et derniers paragraphes de chaque chapitre pour vérifier s’ils font office d’introduction et de conclusion.

Une chose est claire, il faut lire attentivement. Mais votre façon de lire pourra différer selon vos besoins, selon ce que vous cherchez. Ces conseils ne sont là que vous guider dans différentes situations. Utilisez-les à bon escient.

2. La lecture active

Une seconde technique de lecture vise à mieux comprendre la pensée de l’auteur, les idées qu’il propose et son argumentaire. La lecture active peut se résumer à quelques conseils que nous offrent Goulet et Lépine (1987, p. 59) : « Mobilisez vos capacités intellectuelles, réagissez au texte. Comparez les idées aux vôtres, jugez de la qualité de l’information, anticipez la suite ». Les auteures suggèrent deux techniques : réagir au texte en l’annotant et faire des fiches.

Nous verrons comment faire des fiches dans la prochaine section. Voici quelques suggestions concernant l’annotation :

  • soulignez ou surlignez les idées principales et les idées secondaires qui viennent l’appuyer;
  • marquez les passages intéressants (par exemple, avec un symbole dans la marge) et notez les numéros des pages importantes;
  • encerclez les statistiques, les dates, les noms de personnes, les définitions pertinentes à votre projet;
  • soyez attentif aux conjonctions de coordination et aux autres mots qui marquent la logique du texte : par exemple, « de plus » et « en outre » ajoutent une idée; « cependant » et « par ailleurs » expriment une opposition ou une restriction; « considérant  » et « puisque » introduisent un élément de preuve; « ainsi » annonce un exemple…;
  • n’hésitez pas à noter vos commentaires, critiques et questions au fur et à mesure de votre lecture en les reliant clairement aux passages qui vous font réagir : vous les ordonnerez plus tard !

D’autres auteurs proposent d’autres techniques apparentées, comme le repérage, l’écrémage, le survol ou l’approfondissement (voir par exemple Couchaere, 1987). Qu’importe votre stratégie de lecture, elle doit être adaptée à l’objectif que vous poursuivez et peut être modulée selon les sections d’un même texte. Vous varierez votre stratégie, votre rythme et vos annotations selon la pertinence de chaque chapitre, paragraphe ou même phrase compte tenu de vos objectifs.

Revenons à la lecture active et à la rédaction des fiches, l’un des outils les plus précieux pour le lecteur attentif, c’est-à-dire pour celui ou celle qui prépare un travail, comme c’est le cas pour vous présentement.

3. Les fiches ou notes de lecture

Il existe plusieurs types de fiches ou de notes de lecture, mais dans tous les cas l’objectif de cette activité intellectuelle est d’identifier les informations pertinentes, de les regrouper, de les confronter et enfin, de les classer. Parmi ces types, les fiches bibliographiques servent à identifier les sources documentaires. Les fiches documentaires, pour leur part, permettent de commenter et d’analyser l’information synthétisée, en vue de la rédaction de votre travail. Enfin, les fiches de route sont un outil indispensable pour ne perdre vos idées, car il est important de bien noter ses références, autant pour pouvoir les retrouver rapidement que par souci de rigueur scientifique.

Il est possible de combiner les fiches, cela dit les gardées séparée (tout en faisant des liens entre elle) vous donne la flexibilité de faire des liens entre les textes au lieu de les traiter un par un. Voici donc quelques conseils pour bien rédiger ces fiches que nous illustrons à l’aide d’exemples.

Les fiches bibliographiques

Ces fiches vous aident à identifier les sources documentaires que vous consultez et à constituer la bibliographie d’un travail. Vous y consignerez les diverses informations pertinentes sur les divers documents que vous consultez : livres, parties de livre, chapitres, articles de périodiques (y compris les journaux), publications gouvernementales, etc. Soyez vigilant et notez les renseignements bibliographiques dès la première consultation d’un texte, « car il est pénible d’avoir à retracer ces informations à la fin de son travail » (Malo, 2006, p. 19).

Ces fiches contiennent typiquement les données suivantes, qui varient selon le type de document et selon le « style de citation » adopté (nous en reparlerons en abordant la bibliographie) :

Type de documents Contenu de la fiche
Livre

Nom de l’auteur, prénom ou initiale (année de publication). Titre du livre. Lieu de publication, maison d’édition.

Certains styles de citation demandent d’inclure le nombre de pages du livre, le nom de la collection, le traducteur (s’il y a lieu), et d’autres informations pertinentes, alors que d’autres excluent, par exemple, le lieu de publication.

Chapitre de livre

Nom de l’auteur du chapitre, prénom ou initiale (année de publication). Titre du chapitre. Dans Prénom ou initiale du directeur de l’ouvrage collectif et nom (Dirs.), Titre de l’ouvrage collectif (pages du chapitre dans l’ouvrage). Lieu de publication, maison d’édition.

Article Nom de l’auteur, prénom ou initiale (année de publication). Titre de l’article. Nom de la revue, volume (numéro), pages de l’article dans la revue.

Exemple de fiche bibliographique pour un livre

Bibliographie : livre

Philosophie

Derrida, J. (1993). Spectres de Marx: L’état de la dette, le travail du deuil et la nouvelle Internationale. Paris : Galilée.

Note : Ce livre propose une théorie de l’action « spectrale » ou à distance, très pertinente pour l’étude de la communication et de la médiation.
Cote : 335.43 D (Bibliothèques de Montréal)

Exemple de fiche bibliographique pour un chapitre de livre

Bibliographie : chapitre de livre

Méthodologie

Matte, F., & Bencherki, N. (2019). Being followed by an organization: A hauntological perspective on organizational ethnography. Dans F. Malbois & F. Cooren (Dirs.), Methodological and ontological principles of observation and analysis: Following and analyzing things and beings in our everyday world (pp. 202–232). New York : Routledge.

Note : En se basant sur l’idée de communication « spectrale » du philosophe Jacques Derrida, les auteurs proposent qu’étudier la communication organisationnelle suppose d’être attentif aux multiples manifestations de l’organisation à travers leur effet sur le corps du chercheur.

Exemple de fiche bibliographique pour un article

Bibliographie : article

Théorie de la communication

Cooren, F. (2009). The haunting question of textual agency: Derrida and Garfinkel on iterability and eventfulness. Research on Language and Social Interaction, 42(1), 42–67.

Note : L’auteur utilise la théorie de la communication « spectrale » propose par Jacques Derrida, qu’il combine à l’ethnométhodologie de Harold Garfinkel, pour proposer que les textes agissent aussi dans les organisations.

D’autres types de documents pourront exiger des informations différentes ou additionnelles : par exemple, le nom de l’auteur sera plutôt celui du réalisateur dans le cas d’un film ou un documentaire ; pour un site internet ou un article en ligne, il faudra préciser la date de la visite puisque ces contenus peuvent changer rapidement.

Selon la manière dont vous préférer organiser votre travail, il peut être utile de faire ces fiches en format papier, mais des logiciels existent aujourd’hui pour faciliter la gestion de vos informations bibliographiques. Par exemple, le logiciel gratuit Zotero permet rentrer les informations pour une multitude de types de documents ou même de les importer en un clic depuis le site de votre bibliothèque ou celui des éditeurs, ainsi que de consigner vos notes personnelles. Vous pouvez trouver plus d’informations à ce sujet sur le site de la bibliothèque.

Vous avez donc à présent entre les mains des exemples de fiches bibliographiques permettant d’identifier et de répertorier chacun des types de documents mentionnés : livres, articles, productions audiovisuelles ou documents Internet. À vous de bien les utiliser dans le cadre de votre recherche documentaire.

Les fiches documentaires

Dans les fiches documentaires, vous consignez l’information extraite de vos lectures en vue de la rédaction de votre travail d’analyse et de synthèse. Elles prennent trois formes : les fiches de citation, de résumé et de commentaires.

Encore une fois, bien que pour certaines personnes utiliser des fiches en papier puisse être une solution intéressante, de nombreux logiciels existent qui peuvent faciliter ce travail, que l’on peut utiliser en cherchant le terme anglais « index card  » ou encore en se renseignant sur la méthode d’organisation appelée « Kanban ». Il est aussi possible de tout simplement utiliser un logiciel de traitement de texte.

La fiche de citation

Dans la fiche de citation, vous inscrivez, entre guillemets, une ou quelques phrases intégrales que vous jugez significatives de la pensée de l’auteur, en indiquant la page où elle se trouve dans le texte dont elle est extraite. Ce travail est essentiel non seulement pour vous aider à retenir les informations les plus importantes, mais aussi pour que vous puissiez correctement attribuer ces citations à leur auteur original. Ce principe est important car « les exigences de la méthode scientifique répondent à un idéal de propriété intellectuelle. Il est primordial, dans le domaine des citations, d’assurer l’intégrité de la pensée des auteurs que l’on cite et de présenter avec objectivité, rigueur et précision les emprunts aux textes utilisés - c’est la règle d’or des citations » (Blackburn, 1974, p. 21).

Si vous avez déjà une fiche bibliographique, vous n’avez pas besoin de répéter la notice bibliographique au complet. Conservez cependant toutes les fiches de votre travail ensemble pour pouvoir vous y retrouver, lorsque vous rédigerez votre bibliographie finale. On peut également ajouter, après la citation, des éléments de résumés ou un commentaire.

Exemple de fiche de citation

Relations publiques

Doin et al., p. 29

Définition

« Les relations publiques sont un ensemble de méthodes et de techniques de communication qui visent à informer ponctuellement tous les publics de l’entreprise selon les plus hautes normes d’exactitude, d’honnêteté, de rigueur et de véracité et de la manière la plus complète, la plus précise, la plus ponctuelle et la plus fonctionnelle possible, dans le but de susciter leur confiance, leur adhésion ou leur compréhension. »

Relations publiques exigent :

  • Méthodes
  • Techniques
  • Exactitude
  • Rigueur

La fiche de résumé

La fiche de résumé contient, en vos propres mots, les propos d’un auteur. Vous résumez alors le point de vue de l’auteur sans toutefois modifier le sens de sa pensée. Cela peut être le résumé d’un ouvrage, d’un chapitre, d’une section ou d’un article. N’oubliez pas d’indiquer les pages consultées. Vous pourrez vous y référer plus tard si nécessaire. Il serait inefficace de perdre du temps à chercher le passage d’une idée, tout simplement parce qu’on ne l’a pas noté. On peut aussi ajouter à la fin du résumé un commentaire personnel. Utilisez un code (une couleur différente, par exemple) ou l’abréviation « CP », pour « commentaire personnel », afin de distinguer de ce qui vient de l’auteur de ce qui vient de vous.

Exemple de fiche de résumé

Plan de communication

Doin et al., p. 36-37

Étapes d'élaboration

  1. Analyser la situation de l’entreprise dans son contexte social en tenant compte de son positionnement, de ses valeurs, des caractéristiques « génératrices » de sympathie de la part du public.

    C’est une tâche difficile pour le relationniste, car il doit constater une situation qui peut être négative. Objectif : connaître son public, les problèmes de l’entreprise, ses réalisations. Poser un diagnostic.

  2. Faire une analyse interne critique, en étant objectif, et identifier les perceptions des employés et du public face à l’entreprise. Objectif : connaître ce qui pose problème. Connaître également les points forts.
  3. Décider de réaliser un plan de communication. Objectif : dresser la problématique d’image de l’entreprise, identifier quelle image il faut projeter, élaborer le plan pour changer progressivement d’image.

C.P : quand une gestion de crise s’impose, il faut revenir à la base et revoir ces trois points primordiaux, s’assurer quand on a les informations à ce sujet à jour.

La fiche de commentaire

Dans la fiche de commentaire, vous inscrivez vos commentaires personnels, vos questions, vos critiques, les liens que vous faites avec d’autres textes. Cette fiche contient donc vos notes personnelles. Encore là, assurez-vous de bien distingues vos commentaires des idées des auteurs. À mesure que vous avancerez dans vos lectures, vous pourrez faire des liens entre les textes, en vous assurant de bien identifier les idées que vous mettez en relation et leur emplacement dans chacun des textes.

Une fiche de commentaire peut aussi consigner des idées que vous émettez sur un sujet, un ouvrage, un article, un chapitre, une section et que vous classez avec un titre significatif. Il est également possible de proposer une suggestion de travail à compléter face à ce thème.

Enfin, vous pouvez utiliser vos fiches de commentaire pour combiner différentes informations : par exemple, vous pouvez regrouper sur une même fiche une citation entre guillemets suivie d’éléments de résumé et d’un commentaire. Ce genre de fiche constitue ainsi une synthèse de notes prises sur un texte.

Exemple de fiche de commentaire combinant une citation et un résumé

Déformation du message – causes Gestion de crise

Baticle écrit que la déformation du message peut avoir des causes techniques, matérielles ou des causes psychologiques (Baticle, 1973, p. 177) L’exemple cité par Baticle est très intéressant.

« un exemple de mauvaise émission peut être constitué par les relations de subordonné à un supérieur : le premier ne transmettant, par exemple, dans un rapport que ce qui lui est favorable. Il « filtre » tout ce qui sort du sujet ou qui lui apparait anormal, incongru. Il y a des choses qu’on peut dire dans une conversation mais qu’on n’écrit pas dans un rapport, il peut même passer sous silence tout ce qui ne le met pas en valeur ou met en valeur un autre service, faisant perdre ainsi des informations précieuses. » (p. 181)

[À mon avis, dans une gestion de crise, lorsqu’on doit faire l’analyse critique interne de la situation, il faut tenir compte non seulement des discours officiels, apparents, mais aussi et surtout des perceptions, des pratiques non verbales, non écrites qui peuvent traduire la problématique d’une situation. Sans une telle transparence et des conduites d’entretien bien faites, les informations réelles d’une telle situation échapperont à l’organisation, la problématique par surcroît, les solutions probablement.]

[Suggestion : besoin de faire ressortit le manque de planification, de gestion souvent à courte vue de certaines organisations face à une crise et des conséquences parfois irréversibles. Aller chercher des exemples d’entreprises qui ne sont pas relevées ou mal relevées de scandales présumés, d’images ternies par des perceptions négatives.]

Les fiches de route

Les fiches de route consignent vos idées quant au plan du travail que vous réalisez. Pendant la lecture ou l’analyse des sources documentaires, les fiches de route peuvent vous être très utiles pour noter vos réflexions sur le fil conducteur de votre travail, sur les prochaines étapes à accomplir, sur les questions à éclaircir, etc. Ces informations sont tout aussi essentielles que celle que vous inscrivez dans les fiches précédentes. Elles constituent autant le fruit de l’analyse que l’outil qui permet de maîtriser une connaissance. En effet, lorsque vous inscrivez quelque chose sur une feuille de route, c’est que vous avez acquis une connaissance nouvelle et l’avez reliée à d’autre, si bien que vous pouvez poser une nouvelle brique – ou une nouvelle fiche – pour bâtir l’édifice de votre travail. C’est pourquoi nous vous recommandons de consigner ces informations dans une autre catégorie de fiches. Ce peut être aussi un carnet à garder sur soi, car l’inspiration ne choisit ni le lieu ni le moment.

Le classement des fiches

En résumé, voici un rappel des principales consignes à respecter dans l’élaboration de toutes les fiches :

  • Rédigez une seule idée par fiche.
  • Différenciez nettement le commentaire du résumé ou de la citation.
  • Utilisez un code qui vous convient, mais conservez le même.
  • Inutile de recopier la source de votre référence sur chacune des fiches, si vous l’avez déjà fait une fois. Faites une fiche bibliographique et suivez les exemples que nous avons montrés.
  • Une fiche, en particulier une fiche de commentaire, peut contenir à la fois une citation, un résumé, un commentaire personnel. Assurez-vous cependant de bien les différencier.
  • Une fiche doit toujours être facilement identifiable par thème, source, contenu, etc.

Le classement des fiches est aussi très important. En fait, vous allez probablement régulièrement les reclasser, à mesure que le plan de votre travail se précisera. C’est justement l’avantage de travailler avec des « fiches », qu’elles soient en format papier ou informatique : elles sont facilement déplaçables pour refléter une nouvelle organisation du savoir.

Le temps investi pour ce classement vous sera rendu mille fois. Imaginez que vous classez toutes vos fiches selon les sections de votre travail (votre table des matières). Vous auriez des fiches de citation que vous auriez classées dans la bonne section, par ordre, des fiches de résumé qui correspondent aux thèmes vus dans les sections, des fiches de commentaire, des fiches de route. Il ne vous restera alors qu’à rédiger le travail en suivant les matériaux que vous aurez ainsi préparés.

Ainsi, pour reprendre l’idée de Dartois (1965, p. 53) :

Au premier abord, la prise de notes peut vous sembler une prolongation ennuyeuse de votre lecture. Il est vrai que l’étudiant qui ne prend pas de notes terminera son livre plus vite que celui qui en prend, mais il n’aura aucune aide à laquelle se rapporter par la suite et il aura perdu l’occasion de penser vraiment à ce qu’il lit et de le transcrire dans son vocabulaire personnel pour une meilleure assimilation.

Procédez maintenant, si ce n’est pas déjà fait, à la lecture sélective ou active de la documentation que vous avez retenue et à la rédaction de fiches, selon votre choix.

Toutes les sections du présent module vous ont préparé et outillé pour bien rédiger le travail d’analyse et synthèse : que ce soit la formulation de la problématique, le choix du type de rapport à produire, les étapes d’une bonne recherche documentaire ou différentes techniques de lecture. La prochaine section vous propose, à cet effet, une application concrète, soit la description des étapes en fonction de la rédaction finale du travail d’analyse et de synthèse.

Modifié le: lundi, 21 juin 2021, 11:07